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Les sponsors du GERES à COP 15

10 jours pour sauver la planète, le compte à rebours commence

Trois ans avant l’arrivée à échéance du Protocol de Kyoto, les délégations de 192 pays se retrouvent aujourd’hui à Copenhague pour décider de l’avenir de la planète.  La donne à toutefois changée depuis l’adoption du Protocol en 1997. L’accélération du changement climatique et l’arrivée des pays en développement à la table des négociations bouleversent l’équilibre des forces. Le succès de ce sommet dépend de trois résultats principaux : parvenir à un accord global ambitieux sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre, mettre en place les mécanismes financiers qui permettront de financer l’atténuation et l’adaptation, créer un cadre global de lutte contre la déforestation.

Le changement climatique est plus rapide et plus important que prévu. En Arctique par exemple, les années 2007 et 2008 ont vu le plus fort recul de la banquise depuis 30 ans[1]. Selon les dernières estimations de l’agence international de l’énergie (AIE) publiée en Octobre 2009, la concentration en CO2 dans l’atmosphère pourrait atteindre 1000 particules par million (ppm) en 2050 si aucun accord n’est conclu. La concentration actuelle est de 389 ppm et il faudrait descendre sous le seuil de sécurité de 350ppm au plus tard en 2015 pour éviter des dommages irréparables. Pour atteindre cet objectif, le GIEC recommande une baisse de 25% à 40% des émissions par rapport à l’année de référence 1990 d’ici à 2020, ainsi qu’une baisse de 80% des émissions à l’horizon 2050.

Les engagements actuels sont bien en deçà des recommandations de la communauté scientifique. Si l’Europe s’est engagée à réduire ses émissions de 20% d’ici 2020 (30% dans le cas d’un accord global à Copenhague), les Etats Unis restent loin derrière avec une proposition de réduction des émissions d’environ 17% en 2020 par rapport au niveau de 2005, soit une stabilisation par rapport à 1990.

L’autre fait majeur de ces dernières années est l’importance croissante des pays en développement et notamment des grands émergents comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine dans les négociations climatiques.

Depuis 2006, la Chine est le plus gros émetteur de gaz à effet dépassant ainsi les Etats Unis. La visite du président Obama à la fin du mois de Novembre a porté ses fruits puisque Pékin a annoncé une réduction des émissions de 40 à 45% par point de pourcentage de PIB d’ici 2020 par rapport au niveau de 2005.

De l’autre côté du Pacifique, le Brésil serait prêt à réduire ses émissions de 38 à 42% d’ici 2020 en misant notamment sur la lutte contre la déforestation. Cette dernière devrait permettre au géant vert d’atteindre la moitié de l’objectif affiché.

Au-delà des engagements de réduction des émissions, la question des financements et celle de la lutte contre la déforestation seront au cœur des discussions.

Il faudrait mobiliser 0,3 à 0,5% du PIB mondial pour financer la lutte contre le changement climatique selon une estimation des Nations Unies. Les pays en développement insistent sur la responsabilité historique des pays développés et conditionnent leurs engagements de réduction des émissions aux engagements de financement.

Lors de leur dernière rencontre au début du mois de Novembre, les ministres des finances du G20 se sont prononcés en faveur d’un accord ambitieux à Copenhague sans toutefois ne prendre aucun engagement chiffré de financement. Ce manque d’engagement des pays riches sur la question des financements pourrait très sérieusement compromettre le succès des négociations.

Si les financements et les engagements de réductions des émissions restent des points d’achoppement majeurs, la question de la lutte contre la déforestation, qui représente 20% des émissions de gaz à effet de serre (soit plus que les émissions des Etats Unis ou des transports), est susceptible d’aboutir à un accord. Le mécanisme proposé connu sous l’acronyme REDD (Réduction des Emissions dues au Déboisement et à la Dégradation des forêts) entend financer la déforestation évitée en octroyant des crédits carbones aux projets de protection des forêts. Les discussions porteront principalement sur les modalités de calcul des réductions d’émissions, sur la répartition des financements et sur les contraintes auxquelles seront soumis les projets bénéficiant des financements REDD.

Marion Verles pour le GERES

[1] Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC)


[1] Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC)

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