Le réchauffement climatique se poursuit et ses impacts seront inévitables. Il est donc nécessaire de faire face à ces changements à venir. La prévision et la gestion des risques climatiques (inondations, sécheresse, canicule) de même que les mesures d’adaptation ne doivent pas être l’alternative à une réduction de nos émissions car plus la température augmentera, plus l’adaptation sera difficile et coûteuse.
L’adaptation concrètement :
L’ensemble des pays en développement élaborent actuellement des stratégies d’adaptation. Ces programmes ambitieux impliquent des investissements parfois lourds, le recours à des technologies avancées et à des infrastructures (digues, barrières anti érosion). Ils visent les secteurs les plus vulnérables tout en privilégiant des solutions peu émettrices de GES.
Parmi ces dernières, on peut citer quelques exemples :
- La mise en place de systèmes d’alerte précoce pour anticiper les sécheresses, les canicules, etc ;
- L’extension des superficies irriguées et la rationalisation de l’utilisation de l’eau d’irrigation ;
- La meilleure mise en valeur des terres agricoles, la lutte contre l’érosion ;
- La planification de l’urbanisme hors des zones exposées aux sinistres (inondations, glissements de terrain) et à la remontée du niveau de la mer ;
- L’utilisation plus efficace de l’énergie et le développement de solutions alternatives comme les énergies renouvelables (solaire, éolien) ;
- La gestion et le maintien des forêts et des sols qui constituent des réservoirs d’eau, de biodiversité et un moyen de lutter efficacement contre la désertification ;
- La mise en place de systèmes d’assurances agricoles qui peuvent compenser les impacts des aléas climatiques sur les récoltes ;
- La lutte contre la recrudescence de maladies comme la malaria ou la dengue dans les Pays du Sud ;
- Les politiques de sensibilisation et d’information des populations locales sur les risques encourus à mettre en place par les autorités locales ;
Certaines réponses existent au niveau local
Les acteurs locaux comme les communautés et les collectivités locales sont des acteurs privilégiés de l’adaptation. Leur connaissance de leur territoire et leur savoir-faire sont utiles et complémentaires des solutions technologiques. Par exemple, en cas de sécheresse, les agriculteurs utilisent depuis toujours des variétés de plantes précoces ou résistantes, ou ont recours à des systèmes d’irrigation. Ces solutions simples, peu coûteuses peuvent être inventoriées et répliquées lorsque cela est possible.
Le soutien financier des pays Industrialisés est indispensable
Les pays industrialisés sont historiquement responsables du changement climatique, ils doivent donc se mobiliser pour aider les pays les plus vulnérables à s’adapter à ses impacts. L’aide à l’adaptation des pays en développement est estimée à 40 milliards d’euros par an au minimum [1] nécessaires d’ici à 2020. Or les fonds réunis par les différents dispositifs comme le Fonds pour l’Environnement Mondial ou le Fonds pour l’Adaptation, alimenté par une taxe de 1 % sur les flux financiers du Mécanisme de Développement Propre[2], représentent une très faible part de ce montant. L’engagement des Pays du Nord à soutenir la lutte contre le changement climatique au Sud est par conséquent l’un des enjeux principaux des discussions de Copenhague. A ce niveau, lors de son intervention en plénière lundi 7 décembre, Jean Louis Borloo s’est démarqué de la position européenne en insistant sur le besoin de financements publics et de nouveaux modes de financement pour soutenir les pays les plus pauvres dans la lutte contre le changement climatique.
Manon Delachenal et Swan Fauveaud pour GERES
[1] Turning Carbon into Gold, Oxfam International Briefing Paper. Déc. 2008
[2] L’un des mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto







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