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Les sponsors du GERES à COP 15

Suspension des négociations

Ambiance électrique ce lundi au Bella Center alors que des centaines de participants ont fait la queue pendant 7 heures avant de se voir refuser l’accès au centre de conférence. Côté négociations, la suspension pendant plusieurs heures des discussions par les pays les plus pauvres met au défi les pays développés de prendre des engagements à la mesure du défi climatique.

Ce lundi 14 Décembre les négociations ont été suspendues pendant plusieurs heures au Bella Center. Les 130 pays du G77-Chine ont ainsi quitté momentanément la table des négociations en signe de protestation contre la proposition de texte de 6 pages soumise vendredi dernier et contre l’attitude générale des pays développés qui se refusent toujours à se prononcer en faveur d’un accord légalement contraignant dans la lignée du Protocole de Kyoto.

Accord légal ou simple engagement politique ?

Jusqu’à ce jour, les négociations se sont poursuivies dans deux directions parallèles. La première option est celle d’un accord légal fondé sur les principes établis par la Convention de Rio signée en 1992 et faisant suite au protocole de Kyoto arrivant à échéance en 2012. La deuxième option soutenue notamment par les Etats Unis est celle d’un accord politique dans lequel les pays s’engageraient officiellement sans dimension légale aucune.

Les pays du G77-Chine défendent la première option en mettant en avant la responsabilité historique des pays développés. Soutenue par les ONG environnementales, cette position se heurte aux propositions des pays développés qui consistent notamment à pousser les pays en développement à contribuer à l’effort de réduction des émissions.

Les divergences entre la Chine et les Etats Unis pèsent sur les négociations

Un accord légal contraignant porterait ses fruits uniquement s’il était ratifié par les plus gros émetteurs. Il faudrait un véritable tour de force de l’administration du président Obama pour convaincre le sénat américain de ratifier un traité. Le président américain s’est récemment fortement engagé politiquement pour soutenir le nouveau programme de santé et ne semble ainsi pas en mesure  de réaliser un deuxième passage en force. D’autre part, la délégation américaine a clairement annoncé qu’elle se refusait à accepter un accord qui n’inclurait pas des objectifs de réductions pour les plus grands pollueurs dont la Chine. La Chine elle-même se refusant à de tels engagements, les négociations sont bloquées.

Une étude publiée la semaine dernière et réalisée par GlobeScan/BBC World Services dans 23 pays montre que seulement 6% des 23 000 sondés s’opposent à la signature d’un accord à Copenhague. Presque deux tiers des sondés estiment que le changement climatique est un problème à prendre au sérieux pour seulement 45% des américains partageant le même avis.

L’Europe peut montrer l’exemple en se prononçant notamment sur l’additionnalité des financements mobilisés (les financements prévus pourraient se substituer à l’aide au développement existante), en interdisant le transfert d’émissions d’une période d’engagement à l’autre (phénomène dit de l’Air Chaud) et en prenant un accord unilatéral de réduction de 30% d’ici 2020.

Un nouvelle proposition de texte est attendue dès demain et pourrait relancer les discussions. Le temps est toutefois compté d’ici la fin de la semaine.

Marion VERLES pour le GERES